| |  | | January 2007, Vol. 2, no.1 French |
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- De nouvelles informations disponibles sur les pages « Afrique » du site Internet d’IFOAM
- Le Centre du Commerce International des Nations Unies annonce la création d’un nouveau portail Internet pour les produits biologiques des pays en voie de développement : « Organic Link »
- L’annonce de la nouvelle Alliance pour une révolution verte en Afrique par les fondations Rockefeller et Gates suscite de nombreuses réactions
- Au Lesotho, des paysans gagnent le combat contre la malnutrition infantile grâce à l’agriculture biologique
- OPPAZ développe les marchés locaux et internationaux pour les produits biologiques de Zambie
- Le coût élevé de la certification nuit aux exportations de produits biologiques ougandais selon Mme Didah Kasangati, du ministère de l’agriculture ougandais
- Deux papiers sur l’agriculture biologique ont été présentés lors du Symposium Afrique innovation
- La production de cacao biologique est en augmentation malgré les problèmes de ravageurs dans le petit état de Sao Tomé-et-Principe
- Potentialité inexploitée en produits naturels et biologiques à Madagascar
- Le paysage de l’agriculture biologique au Sénégal
- Erratum
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| | 1. De nouvelles informations disponibles sur les pages « Afrique » du site Internet d’IFOAM
| | | Vous trouverez maintenant beaucoup de nouvelles informations en anglais et en français sur la partie Afrique du site Internet d’IFOAM (adresse directe des pages en français : http://www.ifoam.org/about_ifoam/around_world/africa_French.html). Le site Internet a été beaucoup développé ces derniers temps. C’est ainsi qu’une nouvelle section comprenant des liens vers les bulletins électroniques existants sur l’agriculture biologique en Afrique (outre le présent bulletin édité par IFOAM) a été mise sur pied. Les bulletins issus de plusieurs pays africains peuvent maintenant être consultés sur http://www.ifoam.org/about_ifoam/around_world/aosc_pages/other_african_newsletters.html. Cette page contient actuellement seulement des bulletins en anglais, mais IFOAM continue à rassembler ce type de bulletins existants et va très bientôt accroître la disponibilité des bulletins en français. Toutes les organisations publiant des bulletins en lien avec l’agriculture biologique en Afrique sont invitées à contacter le coordinateur du Bureau africain d’IFOAM en écrivant à aosc.coordinator@ifoam.org. Une avancée majeure dans le développement du site Internet est la création d’un forum de discussion. Le forum est ouvert à toute personne intéressée par l’agriculture biologique en Afrique et désireuse de partager ses opinions avec d’autres. Il est animé par le coordinateur du Bureau africain d’IFOAM. Vous êtes invités à vous rendre régulièrement sur le site du forum afin de prendre connaissance des sujets de discussion et d’y ajouter votre contribution. Vous pouvez accéder directement au forum grâce à un lien depuis la page principale de la section Afrique du site Internet d’IFOAM, ou directement sur http://www.ifoam.org/forum_php/viewforum.php?f=1&sid=3b17a6485b9e8fa1d88ccfde2d176e29.
Outre ces avancées, une partie importante du site a été traduite en français. Les utilisateurs peuvent facilement naviguer entre la version française et la version anglaise car plusieurs pages ont été complètement traduites en français. Cependant, de nombreuses ressources telles que les études de marchés et les bulletins électroniques sont encore seulement disponibles en anglais. Ne soyez donc pas déçus si vous trouvez certaines pages qui ne sont pas encore disponibles en français. Nous encourageons tous les francophones à faire un usage actif de la section française du site et à envoyer des ressources complémentaires en français au coordinateur (aosc.coordinator@ifoam.org) afin de nous aider à développer la section française.
| | | | | 2. Le Centre du Commerce International des Nations Unies annonce la création d’un nouveau portail Internet pour les produits biologiques des pays en voie de développement : « Organic Link » | | | Le Centre du Commerce International (CTI) a lancé en janvier 2007 un nouveau portail Internet pour le secteur biologique. Le portail, intitulé Organic Link (www.intracen.org/organics), facilite le contact entre les importateurs et les exportateurs de produits biologiques sur le plan mondial et constitue une source d’informations inégalée pour le secteur. Le portail fournit des informations sur les acheteurs et les marchés, informations organisées de façon conviviale pour les internautes et qui devraient aider les exportateurs et les autres acteurs du secteur dans les pays en voie de développement à obtenir des informations sur les acheteurs et les marchés à un moindre coût grâce à Internet.
Le site fournit :
- Une base de données sur les importateurs et les exportateurs de produits biologiques certifiés et les ONG et centres de recherche travaillant sur l’agriculture biologique : cette base de données est accessible gratuitement et permettra aux acheteurs de trouver des fournisseurs par produit et pays d’origine et réciproquement, aux exportateurs de trouver de nouveaux acheteurs. Les sociétés ou autres organisations intéressées peuvent s’inscrire gratuitement afin d’être listées sur cette place de marché virtuelle.
- Un portail d’informations pour le secteur biologique : le site Internet contient de nombreuses informations. Il permet aux internautes d’accéder facilement a l’information concernant les cahiers des charges et la certification, la recherche sur les marchés, les nouvelles commerciales et les annuaires. Il fournit également des liens vers les organismes certificateurs, les ONG et les institutions de formation et de recherche impliquées dans le secteur biologique de par le monde. Une section « Foire aux questions » fournit des réponses à de nombreuses questions émanant du secteur des produits biologiques et naturels. Le site fournit également des informations sur les diverses assistances techniques proposées aux acteurs du secteur biologique par le CTI dans les pays en voie de développement.
Vous êtes invités à visiter le nouveau portail Internet sur www.intracen.org/organics. Le Centre du Commerce International (CCI) est l’agence de coopération technique de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). C’est le point focal des Nations Unies en ce qui concerne la coopération technique pour le développement du commerce international.
| | | | | 3. L’annonce de la nouvelle Alliance pour une révolution verte en Afrique par les fondations Rockefeller et Gates suscite de nombreuses réactions | | | En septembre dernier, la fondation Rockefeller et la fondation Bill & Melinda Gates ont annoncé, dans un communiqué de presse, la création de leur Alliance commune visant à donner une impulsion à une révolution verte en Afrique. Selon ce communiqué de presse, cette alliance représente un effort majeur pour sortir des millions de gens de la pauvreté et de la faim, avec un investissement de 150 millions de dollars pour améliorer les semences africaines. A la suite de cette annonce, d’autres organisations ont publié des réactions positives, comme par exemple AgWeb.com, site sur lequel un représentant d’une association d’agriculteurs aux Etats Unis, Dean Kleckner, a déclaré : « Le mariage des fondations Gates et Rockefeller représente une indication claire que les biotechnologies ont beaucoup à apporter, même aux gens les plus pauvres de la planète ». A l’opposé, l’association des consommateurs de produits biologiques des Etats-Unis, en réponse au même communiqué, a publié un article intitulé : « Les programmes Bill Gates/Rockeller visant à éradiquer la faim en Afrique grâce aux OGM et à l’agriculture industrielle sont condamnés à l’échec ».
Le communiqué a suscité de nombreuses réactions de la part des acteurs africains eux-mêmes, dont beaucoup ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis de cette « révolution verte » imposée par les donneurs et ses possibles conséquences sociales et environnementales. En octobre 2006, un document de l’Institut pour les politiques alimentaires et de développement aux Etats-Unis (Food First) a donné un coup d’envoi au débat d’opposition. Le document est intitulé « Dix raisons pour lesquelles l’Alliance des fondations Rockefeller et Gates pour une autre révolution verte ne résoudra pas les problèmes de la pauvreté et de la faim en Afrique sub-saharienne ». Le document complet est disponible (en anglais seulement) sur la page http://www.foodfirst.org/policybriefs. A la suite de ce rapport, une discussion animée s’est développée sur une liste email informelle comprenant de nombreux acteurs travaillant sur l’agriculture durable et biologique sur le terrain en Afrique. Beaucoup d’entre eux ont exprimé leur inquiétude à l’idée que l’initiative Gates et Rockefeller pourrait une fois encore bénéficier aux compagnies semencières et détruire la biodiversité génétique agricole au détriment des petits paysans et de l’environnement. John Wilson, un consultant indépendant travaillant avec des organisations impliquées dans l’agriculture durable sur le terrain en Afrique de l’Est et du Sud, a rassemblé les nombreuses contributions à ce débat et les a résumé en une série de questions qui sont disponibles sur le forum de discussion pour l’Afrique d’IFOAM, dans le thème “Food Security and the new Green Revolution for Africa” (thème disponible seulement en anglais pour l’instant). Les internautes sont invités à y laisser également leur contribution sur http://www.ifoam.org/forum_php/viewtopic.php?t=36. Joseph Ssuuna de l’association PELUM s’est déclaré enthousiaste à l’idée que PELUM puisse porter l’initiative en s’assurant que la discussion Internet aboutisse à des actions concrètes de la part des acteurs africains dans les mois à venir.
| | | | | 4. Au Lesotho, des paysans gagnent le combat contre la malnutrition infantile grâce à l’agriculture biologique | | | Les paysans de Nthabiseng au Lesotho ont réalisé des avancées significatives dans le combat contre la malnutrition infantile grâce à un projet de l’ONG World Vision facilitant la promotion de l’agriculture biologique. Les paysans racontent que grâce à l’agriculture biologique, ils ont obtenu les meilleurs rendements avec un faible taux d’intrants agricoles et ont réussit à produire assez de nourriture pour permettre à leurs enfants de manger quotidiennement trois repas complets et équilibrés.
Une paysanne locale, Matheko Lei, parlant au nom des paysans lors de la journée des agriculteurs au village de Serutle dans la localité de Nthabiseng, a déclaré qu’avec l’agriculture biologique, les paysans utilisent maintenant des semences locales et du fumier pour améliorer la fertilité de leurs sols, au lieu d’utiliser des semences hybrides coûteuses et des engrais chimiques qui sont trop chers pour eux. “Cette augmentation de rendements va permettre à la communauté villageoise d’améliorer sa sécurité alimentaire, de mieux se nourrir, de gagner le combat contre la malnutrition et de prolonger la vie des personnes atteintes par le virus du Sida” a déclaré Lei. Elle a également appelé tous ceux qui ne pratiquaient pas encore l’agriculture biologique à les rejoindre dans cette pratique et à protéger la santé de leurs enfants grâce à une meilleure nutrition.
S’adressant aux agriculteurs lors du même événement, Monica Hopkins, en charge des questions agricoles pour le district de Botha Bothe, a déclaré : “L’exposition agricole d’aujourd’hui montre que la politique de sécurité alimentaire prônée par le gouvernement a été réalisée avec succès par World Vision à Nthabiseng”. Hopkins a ajouté qu’elle se réjouissait de constater que World Vision encourage l’utilisation de semences locales et les pratiques agricoles biologiques afin de réduire les coûts de production et d’assurer la participation des pauvres dans la production alimentaire du pays. Ratlala Montsi, la responsable du volet sécurité alimentaire à World Vision, a quand à elle déclaré : “Notre but est de fournir aux paysans les compétences nécessaires pour continuer à produire leur propre nourriture après la fin du projet NANAFS”.
Source : http://organic.com.au/news/2006.06.28/
| | | | | 5. OPPAZ développe les marchés locaux et internationaux pour les produits biologiques de Zambie | | | OPPAZ, l’Association des producteurs et des transformateurs biologiques de Zambie, a été fondée en 1999 par un groupe d’agriculteurs voulant faire la promotion de l’agriculture biologique et développer les opportunités du secteur. Le mandat général de OPPAZ est de développer l’agriculture biologique et d’en faire la promotion active en Zambie. Dans ce cadre, OPPAZ travaille donc activement sur le developpements des marchés locaux et internationaux pour les produits biologiques de Zambie. L’approche de OPPAZ en la matière est assez proactive est innovatrice.
Les efforts de OPPAZ pour développer le marché d’exportation : OPPAZ explore actuellement les possibilités d’accroître l’exportation de produits biologiques nationaux en développant des liens directs avec les acheteurs et en établissant des canaux de distribution pour ses membres producteurs. Avec l’assistance technique et financière du Programme Européen II pour le développement des exportations vers l’Europe (Export Development Program II), M. Rudy Kortbech Olesen, un consultant en marketing pour l’exportation basé en Europe, a été recruté par OPPAZ pour une période de 8 mois (de mai à décembre 2006), afin d’aider au développement des exportations de produits biologiques zambiens. Il travaille en particulier sur la recherche de marchés alternatifs et sur l’amélioration de la performance générale du secteur au moyen d’une meilleure communication sur les marchés.
OPPAZ a mis l’accent sur l’exportation vers les marchés européens car l’Europe est le principal marché pour les produits biologiques de Zambie. OPPAZ a également joué le rôle de facilitateur entre les acheteurs et les producteurs, notamment en participant à des foires aux produits biologiques à l’échelle nationale et internationale. Au cours des quatres dernières années, les employés de OPPAZ, ainsi que sept producteurs membres de OPPAZ, ont participé à la BioFach en Allemagne. Par le biais de la BioFach, OPPAZ a pu faciliter les rencontres et la mise en place de liens commerciaux entre les acheteurs et les producteurs. C’est grâce à la BioFach que 80% des exportations des membres de OPPAZ ont pu être négociées. Par exemple, en 2004, de nombreux contacts avec des acheteurs avaient pu être établis et ceux-ci avaient commandé neuf conteneurs de miel (soit 240 tonnes), pour une valeur de 500 000 euros, ainsi qu’une demie tonne de champignons sauvages, pour une valeur de 22 000 euros.
Les efforts de OPPAZ pour développer le marché intérieur : OPPAZ travaille également au développement du marché intérieur afin d’accroître les débouchés des producteurs biologiques de Zambie. L’idée de développer le marché intérieur a fait suite à la réalisation que les producteurs bio qui ne sont pas en mesure d’accéder aux marchés d’exportation pourraient tirer partie du marché local pour vendre leurs produits. Le marché intérieur constitue également une étape vers l’accès au marché international.
Jusqu'à une date récente, les membres d’OPPAZ ayant une certification pour le marché local commercialisaient leurs produits via les supermarchés et les marchés ouverts du samedi matin. Les produits tels que les légumes frais, les épices et les aromates, le miel, le beurre de cacahouète ou les huiles essentielles étaient commercialisés par ces biais. En 2006, des producteurs membres de OPPAZ ont lancé deux nouvelles initiatives pour la mise en place de magasins biologiques. L’un des magasins, « Foxy Organic Shop » est déjà ouvert, et l’autre « Go Organic Shop » est en projet. Ces magasins commercialiseront uniquement des produits biologiques certifiés par des organismes certificateurs agréés. Les produits « en conversion » seront également acceptés et labellisés en tant que tels. De plus, ces magasins joueront un rôle de sensibilisation aux produits biologiques et à leurs bénéfices sur la santé. Ces magasins deviendront donc des lieux où trouver tout à la fois des produits biologiques frais et séchés, de la littérature sur la bio, des graines, des fertilisants bio, etc. OPPAZ facilite également le développement d’un cahier des charges biologique national, en partenariat avec les autres acteurs zambiens, de façon à promouvoir le marché local.
Cet article est le résumé d’un document plus long écrit par OPPAZ sur « Le développement du marché local pour les produits biologiques en Zambie ». Le document complet (en anglais seulement) et d’autres ressources sont disponibles gratuitement dans la section Afrique du site Internet de l’IFOAM à http://www.ifoam.org/about_ifoam/around_world/aosc_pages/Market_surveys.html. Pour plus d’informations, veuillez contacter Patrick Mungaila, le coordinateur de OPPAZ et Point de contact d’IFOAM en Zambie à pmungaila@organic.org.zm.
| | | | | 6. Le coût élevé de la certification nuit aux exportations de produits biologiques ougandais selon Mme Didah Kasangati, du ministère de l’agriculture ougandais | | | Le coût élevé de la certification des produits biologiques empêche certains producteurs d’accéder aux marchés local et international. Les producteurs biologiques doivent faire certifier leurs produits afin de prouver qu’ils sont conformes à un cahier des charges avant d’être commercialisés sous l’appellation biologique sur les marchés locaux ou d’exportations.
Mme Didah Kasangati, la responsable du département de la production végétale et de la commercialisation au Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, a déclaré que le prix de la certification en Ouganda est généralement élevé. Les 22 organismes certificateurs actifs dans le pays demandent en moyenne entre 4 000 $ (soit 7,4 millions de Shillings ougandais) et 12 000 $ (soit 22,2 millions de Shillings ougandais) par an. Mme Kasangati a fait cette déclaration lors d’un atelier sur la proposition de politique sur l’agriculture biologique qui s’est tenu au Grand Imperial Hotel le 26 octobre 2006. Selon elle, bien que la certification collective des petits paysans est de plus en plus adoptée comme solution pour réduire les coûts de certification pour les petits producteurs, le coût est encore élevé. “Un groupe de 1 600 producteurs de cacao est certifié au prix de 12 000 $ par an et un groupe de producteurs de café paye 8 000 $. Ceci représente toujours un coût élevé pour ces producteurs qui ont parfois de très petites exploitations” a-t-elle affirmé. Malgré le coût élevé de la certification, les exportations ont tout de même augmenté de 3,7 millions de dollars en 2003/2004 à 6,2 millions de dollars en 2004/2005. Mme Kasangati a expliqué que les exportations sont rendues possibles principalement du fait que les exportateurs ont pu couvrir en partie les frais de certification.
Mme Kasangati a ajouté que Ugocert, un organisme certificateur local, travaille avec IMO (Institute for Marketecology) et Cere2 pour conduire les inspections et la certification locale des produits biologiques. Ugocert collabore également avec d’autres organismes certificateurs étrangers pour certifier les produits ougandais à destination de l’Union Européenne, du Japon et des Etats-Unis. Certains cahiers des charges étrangers tels que le NOP des Etats-Unis ou le JAS du Japon sont directement appliqués en Ouganda par des projets commerciaux et des organismes certificateurs étrangers. Mme Kasangati a aussi mentionné la faiblesse des investissements en agriculture biologique comme un des facteurs affectant le secteur biologique en Ouganda.
Le coordinateur du Mouvement national ougandais pour l’agriculture biologique, Moses Muwanga, est intervenu lors de cette même session, et a déclaré que les problèmes rencontrés dans le pays en ce qui concerne l’agriculture biologique devraient trouver leur solutions lorsque la politique sur l’agriculture biologique sera mise en place.
Source : www.organicmonitor.com
| | | | | 7. Deux papiers sur l’agriculture biologique ont été présentés lors du Symposium Afrique innovation | | | Le symposium Afrique innovation s’est tenu du 20 au 23 novembre 2006 à Kampala, en Ouganda. Il était organisé de façon conjointe par le Centre International pour l’Agriculture Tropicale (CIAT), l’Institut de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI et son Programme ISNAR), l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), l’Institut international pour la reconstruction rurale (IIRR-Africa) et Prolinnova (Programme de promotion de l’innovation locale). Le symposium a rassemblé environ 140 personnes impliquées dans la promotion des systèmes d’innovation, afin de réfléchir aux tendances actuelles liées à l’innovation et de partager leurs expériences. Le sponsor principal était la fondation Rockefeller mais la Banque mondiale et la fondation Ford ont également apporté leur soutien.
Les participants au symposium avaient des idées très variées à propos du concept d’innovation, avec notamment des différences évidentes entre ceux considérant l’innovation comme l’adoption de technologies introduites par la recherche (innovation induite) et ceux considérant l’innovation comme le résultat d’un processus d’apprentissage social impliquant de nombreux acteurs. Malgré tout, deux papiers scientifiques sur l’agriculture biologique ont été présentés pendant le symposium. Alastair Taylor, le responsable de l’Ouganda pour le projet EPOPA, a présenté un papier sur « La promotion des exportations de produits biologiques africains – Le développement par le commerce international». Michael Hausser, de l’Institut pour l’agriculture biologique (IfÖL en Autriche) a quand à lui présenté un papier intitulé « Changer les règles du jeu : l’innovation institutionnelle et les processus de changement en agriculture biologique ». Les présentations complètes sont disponibles (en anglais seulement) sur le site http://www.ciat.cgiar.org/africa/eri/index.htm.
| | | | | 8. La production de cacao biologique est en augmentation malgré les problèmes de ravageurs dans le petit état de Sao Tomé-et-Principe | | | La république démocratique de Sao Tomé-et-Principe est un pays insulaire situé à peu près 230 kilomètres au large de la côte nord-ouest du Gabon. Il s’agit du deuxième plus petit pays africain, en terme de population, et cependant l’agriculture biologique certifiée y est déjà présente.
En 2000, le FIDA a commandité une analyse du secteur cacao du pays. Cette analyse a conclue que les méthodes de cultures traditionnelles pouvaient facilement être adaptées à la production biologique. Quelques temps plus tard, au cours de la même année, le FIDA a lancé un projet pilote de trois ans impliquant 500 agriculteurs de 11 villages. La compagnie française KAOKA a accepté de superviser le projet et d’acheter autant de cacao certifié que ce que les paysans pourraient produire. Les paysans ont bénéficié de conseils techniques et de services de vulgarisation pour les aider à passer d’une production de beurre de cacao de qualité moyenne à une production de cacao sec de haute qualité. A la date de la fin du projet, les paysans avaient déjà produit 100 tonnes de cacao certifié et l’avaient vendu 2,5 fois le prix du cacao usuel. Les familles paysannes ayant participé au programme ont vu leur revenu annuel augmenter en moyenne de 25 % en dessous du seuil de pauvreté à 8 % au dessus de ce même seuil. Une analyse coûts et bénéfices du projet a révélé un taux de retour sur investissement interne de 12 à 17 %, suivant les conditions météorologiques. A la suite de ce succès, le FIDA a décidé d’étendre la culture de cacao biologique aromatique à 12 autres villages de Sao Tomé, dans le cadre de son Programme pour le développement participatif de l’agriculture paysanne et de la pêche artisanale.
Vingt communautés villageoises sur l’île de Sao Tomé (une des deux îles composant le pays) cultivent actuellement du cacao biologique, destiné exclusivement à l’exportation. Leur acheteur est KAOKA, avec qui les paysans ont signé un contrat de cinq ans au travers de leur coopérative d’exportation et de commercialisation de cacao biologique (CECAB).
Quelques 1 110 producteurs, parmi lesquels 42% de femmes, sont impliqués dans la production de cacao. Ces paysans sont satisfaits des résultats obtenus jusqu'à ce jour car leurs revenus ont augmenté. Cependant, leur défi consiste à augmenter leur modeste production. Depuis que les opérations ont démarré à Sao Tomé, les paysans ont vendu 150 tonnes de graines par an à KAOKA. Ceci reste en dessous des 400 tonnes attendues par la compagnie française. Pour relever ce défi d’ici la fin du contrat, les paysans doivent résoudre leurs problèmes d’irrigation, planter plus d’arbres à cacao afin d’augmenter leur densité par hectare. Ils doivent aussi combattre les maladies et les ravageurs s’attaquant à la récolte d’une manière compatible avec le cahier des charges biologique. Certaines techniques ont déjà été testées avec des résultats positifs. Les paysans utilisent du sulfate de chaux (plâtre) pour prévenir l’apparition des maladies. Certains insectes au nom local de robocintos, se trouvant normalement sur les feuilles chaudes, peuvent être repoussés en plantant de grands arbres créant assez d’ombre pour refroidir l’environnement de la plantation de cacao. Pour lutter contre une invasion de rongeurs, les paysans de Sao Tomé essayent maintenant une technique traditionnelle issue d’Amérique Latine appellée pain de sucre : une mixture de sucre et de levure boulangère qui se révèle fatale lorsqu’elle est consommée par les rongeurs. L’expérience de Sao Tomé a déjà donné des résultats positifs. Les paysans arrivent à augmenter leur production tout en préservant le précieux certificat biologique de leur cacao.
Source : www.allafrica.com
| | | | | 9. Potentialité inexploitée en produits naturels et biologiques à Madagascar | | | Selon la dernière enquête réalisée par le Ministère de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche, seulement 3% des terrains agricoles de Madagascar sont fertilisés chimiquement et plus de 60% ne reçoivent pas de fertilisant (voir http://www.maep.gov.mg). Il y a donc d'énormes potentialités à exploiter. Les produits biologiques du pays sont variés. On peut citer à titre d’exemple les huiles essentielles, les épices, les plantes aromatiques et l’huile de palme. Mais pourquoi l'agriculture biologique malgache ne se développe-t-elle pas pour autant ? On peut en citer plusieurs raisons dont la première est la cherté de la certification. En outre, on peut citer l'inexistence de réglementation et de politique nationale en la matière, le manque d'information sur le marché, le manque d'organisation des acteurs… Les produits bio certifiés ne sont pas encore commercialisés sur le marché local. Ces derniers sont destinés à l'exportation. Cependant, on note actuellement une percée importante des produits naturels d'une société innovante sur le marché intérieur : des médicaments homéopathiques, des compléments nutritionnels et des produits cosmétiques naturels. Ces produits, étiquetés « naturels », portent la marque de la société, mais ne sont pas certifiés bio. D'autres sociétés commercialisent également dans les mêmes conditions des confitures, des vinaigres, etc. Une première solution à ce problème serait la mise en place d'un système de certification des petits paysans. A noter que la taille moyenne d'une exploitation agricole malagasy est de 0,87 hectare. Pour plus d’informations, contactez Rajaonarison Andrianjaka Hanitriniala à njakar@gmail.com.
| | | | | 10. Le paysage de l’agriculture biologique au Sénégal
| | | L'agriculture occupe une place essentielle dans la vie socio-économique du Sénégal. La population agricole est de 6.990.000 habitants soit 75% de la population totale du pays. Depuis presque deux décennies, l'approche écologique est de plus en plus reconnue par les agriculteurs comme solution durable au développement agricole et au développement au sens large du terme. C'est pourquoi de nombreuses organisations non gouvernementales et organisations paysannes ont adopté l'agriculture biologique ou agro-écologique.
Globalement le contexte est favorable au développement de l'agriculture biologique. En effet, comme dans la plupart des pays africains, on assiste à un désengagement de l’état, laissant ainsi le paysan seul face à son destin. Dans toutes les politiques agricoles au Sénégal, l'attention réservée à l'horticulture fut très faible. Dans ce secteur, l'absence d'assistance et d'un encadrement dirigiste ont développé chez les paysans un réflexe qui consiste à compter sur leurs propres forces et à prendre des initiatives. Ainsi, lorsque le libéralisme et le désengagement de l'état furent décidés comme option économique de développement, les paysans y étaient déjà préparés. A cet effet, la reconversion n’a pas posé trop de problème.
Le paysage de l'agriculture biologique au Sénégal est composé de producteurs pionniers ou innovateurs, le plus souvent appuyés par des ONG (Agrecol Afrique, Enda Pronat, PAN Afrique, ASPAB, Rodale International) œuvrant pour la promotion de l'agriculture biologique, ainsi que de consommateurs sensibles aux questions de santé, d’écologie, de saveur ou de qualité - tous animés et soutenus par les ONG agissant généralement dans le domaine de l'agriculture durable. Pour plus d’informations, contactez Souleymane Bassoum à agrecol@sentoo.sn.
| | | | | 11. Erratum
| | | Dans la version française du dernier numéro de Africa Organic News, nous avons mentionné, à tord, le « cahier des charges pour l’agriculture biologique de l’Afrique de l’Ouest ». Il s’agissait bien sûr du cahier des charges de l’Afrique de l’Est et non pas de l’Afrique de l’Ouest ! Il n’existe pas à l’heure actuelle, de projet de développement d’un cahier des charges pour l’Afrique de l’Ouest. Une fois approuvé, le cahier des charges de l’Afrique de l’Est sera le premier cahier des charges biologique régional en Afrique. Excusez-nous pour cette erreur.
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