| |  | | Juin 2012 |
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| | La déclaration de Lusaka pour positionner l’agriculture biologique au centre de l’agenda du développement en Afrique | | | Nous, les 300 participants des 35 pays réunis à la Deuxième Conférence africaine sur l’agriculture biologique (AOC2) tenue du 2 au 4 mai 2012 à Lusaka (Zambie) sur le thème « Positionner l’agriculture biologique au centre de l’agenda du développement en Afrique »,
Convenons que l’agriculture biologique [1] joue un rôle clé dans le développement durable, la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, la sécurité environnementale, l'adaptation au changement climatique, la santé humaine, la préservation des savoirs autochtones, des variétés végétales et des races animales ainsi que le développement socio-culturel de l’Afrique. Nous avons partagé des résultats de recherche internationaux confirmant que l’adoption de pratiques agricoles biologiques augmente significativement les rendements agricoles et améliore la sécurité alimentaire et les conditions de vie des familles d’agriculteurs africains et de leurs communautés. De plus, les producteurs biologiques sont moins vulnérables à la fluctuation des prix des intrants sur les marchés internationaux. Ils utilisent des ressources renouvelables disponibles localement plutôt que des intrants chimiques coûteux et importés (plus de 90% des intrants chimiques utilisés en Afrique sub-saharienne sont importés). Par ailleurs, l'agriculture biologique est une agriculture intelligente face au climat, car elle permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre et augmente la résilience des agroécosystèmes. Cela permet aux systèmes agricoles de mieux résister aux variations climatiques comme la sécheresse et les fortes pluies.
Saluons les efforts considérables déployés par toutes les organisations nationales, régionales et internationales pour soutenir le développement de l'agriculture biologique en Afrique.
Accueillons avec satisfaction l'institutionnalisation d’AfroNet (African Organic Network – Réseau africain de l’agriculture biologique) - la confédération réunissant et représentant toutes les parties prenantes écologiques / biologiques en Afrique. Nous encourageons toutes les parties prenantes à s'engager et à soutenir AfroNet. Nous accueillons aussi avec satisfaction le renforcement du réseau entre les régions africaines ainsi que le Réseau des chercheurs de l'agriculture biologique en Afrique (NOARA).
Demandons aux Etats de mettre en œuvre la décision des chefs d'Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) sur l’agriculture biologique (Doc. EX.CL/631 (XVIII). La Résolution demande à la Commission de l’UA et à l'Agence de planification et de coordination du Nouveau Partenariat pour le Développement (NEPAD) d’initier et de donner des orientations à une coalition des partenaires internationaux sous l’égide de l’UA sur la création d'une plateforme africaine de l’agriculture biologique basée sur les meilleures pratiques existantes ; et de fournir des orientations afin d’appuyer la mise en place de systèmes durables dans le domaine de l’agriculture biologique.
Demandons à l'UA d’intégrer l'agriculture biologique dans tous ses domaines d'activité, y compris le Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA) et de coordonner la mise en œuvre du Plan d'action africain pour l’agriculture biologique (et ses différents piliers), en étroite collaboration avec AfroNet et d'autres partenaires.
Soulignons l'importance des six piliers du Plan d'action pour développer davantage l’agriculture biologique en Afrique :
- Recherche, formation et vulgarisation : Pour mener des recherches participatives, multidisciplinaires et multiculturelles qui sensibilisent les parties prenantes et offrent aux communautés des connaissances et des compétences appropriées ainsi que des solutions innovatrices.
- Information et communication : Pour élaborer des stratégies d’information et de communication permettant de sensibiliser les parties prenantes et le grand public aux pratiques et bénéfices de l'agriculture biologique.
- Chaîne de valeur et développement du marché : Pour faciliter le commerce des produits biologiques africains sur les marchés locaux, régionaux et d’exportation.
- Réseau et partenariat : Pour renforcer les synergies entre les parties prenantes et les bénéficiaires afin de soutenir l’agriculture biologique au travers de réseaux et de partenariats.
- Politiques et programmes de soutien : Pour établir des politiques et mettre en œuvre des programmes favorables au développement de l’agriculture biologique.
- Renforcement des capacités institutionnelles : Pour mettre en place, développer et soutenir les organisations impliquées dans l’agriculture biologique en Afrique.
Saluons tout le soutien reçu à ce jour. Nous notons que la coordination et la mise en œuvre du Plan d'action africain pour l’agriculture nécessite le renforcement des capacités d'AfroNet, de la Commission de l'UA et d’autres organisations.
Appelons toutes les initiatives biologiques africaines et leurs partenaires de développement à soutenir la mise en œuvre du Plan d'action africain pour l’agriculture d’un point de vue technique, financier et institutionnel. Ces partenaires incluent mais ne se limitent pas à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), le Centre du commerce international (ITC), la Banque mondiale, la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM), l'Union européenne (UE), la Société suédoise pour la préservation de la nature (SSNC), l’Agence suédoise de développement international (Asdi), Hivos, Grow Organic Africa, NORAD, la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) et le Gouvernement de l'Autriche.
Demandons la poursuite du financement des initiatives développées dans le cadre du Plan d'action africain pour l’agriculture biologique, y compris l'Initiative écologique biologique africaine. En plus, nous encourageons la conception et la mise en œuvre d’autres initiatives à tous les niveaux; du niveau continental au niveau des communautés locales.
Demandons aux Communautés économiques régionales d’intégrer l’agriculture biologique dans les politiques et les initiatives régionales, y compris les conventions régionales, la recherche pour le développement, le plaidoyer, la sensibilisation et l’information, les publications, le renforcement des capacités, la coopération technique et les réunions intergouvernementales.
Nous réjouissons des efforts déployés par un nombre croissant d'États africains qui ont adopté le concept de l'agriculture biologique et ont élaboré une politique et des programmes pour soutenir le secteur biologique.
Demandons à tous les gouvernements africains d’intégrer l'agriculture biologique dans leurs politiques et agendas de développement agricole, y compris les pactes régionaux et les plans d’investissement dans le cadre du PDDAA, en consultation avec les parties prenantes du secteur biologique dans leurs pays. Le rapport CNUCED - PNUE CBTF intitulé « Les meilleures pratiques en matière de politiques sur l’agriculture biologique » peut fournir d’importantes recommandations.
Recommandons à toutes les parties prenantes africaines qui développent des cahiers des charges / des réglementations relatives à l’agriculture biologique à utiliser les principes d’harmonisation et d’équivalence pour faciliter le commerce des produits biologiques et le développement du secteur biologique en Afrique.
Demandons à l'Union européenne, aux autres partenaires commerciaux mondiaux et aux organisations internationales de prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter la participation de l'Afrique aux marchés biologiques mondiaux, en particulier en permettant l’équivalence entre les réglementations. Cela inclut une reconnaissance comme équivalent du cahier des charges pour l’agriculture biologique en Afrique de l’Est. Celui-ci a été développé au travers d’un processus de consultation régionale public-privé inclusif et transparent et adopté en 2007 comme la norme officielle des produits biologiques de la Communauté de l’Afrique de l’Est. Nous demandons également que toutes les mesures possibles soient prises pour s'assurer que les accords d'équivalence entre les organes régulateurs des principaux marchés biologiques améliorent directement l'accès des produits africains et d'autres pays en développement sur ses marchés.
Exprimons la volonté d’explorer et de renforcer de possibles synergies avec d'autres initiatives, programmes et projets en Afrique, tout en restant fidèle à nos valeurs fondamentales.
Remercions les organisateurs de cette conférence, y compris la Commission de l'UA, l’Association des producteurs et transformateurs biologiques de Zambie (OPPAZ), le ministère de l'agriculture et de l'élevage de Zambie, la CNUCED, l'IFOAM, la FAO et tous ceux qui ont fourni un soutien financier et technique.
Exprimons notre profonde gratitude à son Excellence Dr. Kenneth David Kaunda, le Parrain d’OPPAZ et premier président de la République de Zambie, pour son soutien et sa participation à la conférence.
Réaffirmons notre conviction de poursuivre notre travail ensemble pour l’agriculture biologique, dans une équipe africaine ouverte, solidaire et sans cesse grandissante.
Annexe 1
La définition de l’agriculture biologique L'agriculture biologique est un système de production qui maintient et améliore la santé des sols, des écosystèmes et des personnes. Elle s'appuie sur des processus écologiques, la biodiversité et des cycles adaptés aux conditions locales, plutôt que sur l'utilisation d’intrants ayant des effets adverses. L’agriculture biologique allie tradition, innovation et science au bénéfice de l’environnement commun et promeut des relations justes et une bonne qualité de vie pour tous ceux qui y sont impliqués.
Les principes de l’agriculture biologique
- Le principe de santé : L’agriculture biologique devrait soutenir et améliorer la santé des sols, des plantes, des animaux, des hommes et de la planète, comme étant une et indivisible.
- Le principe d’écologie : L’agriculture biologique devrait être basée sur les cycles et les systèmes écologiques vivants, s’accorder avec eux, les imiter et les aider à se maintenir.
- Le principe d’équité : L’agriculture biologique devrait se construire sur des relations qui assurent l’équité par rapport à l’environnement commun et aux opportunités de la vie.
- Le principe de précaution : L’agriculture biologique devrait être conduite de manière prudente et responsable afin de protéger la santé et le bien-être des générations actuelles et futures ainsi que l’environnement.
[1] Voir la définition de l’agriculture en annexe 1. En Afrique, les expressions « agriculture biologique écologique » et « agriculture écologique / biologique » sont parfois utilisées pour désigner l’agriculture biologique.
Le programme de la conférence, les contributions et les communications sont disponibles sur : www.africanorganicconference.com
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