| | IFOAM définit l'Agriculture Biologique comme suit :
L'agriculture biologique est un système de production qui maintient et
améliore la santé des sols, des écosystèmes et des personnes. Elle
s'appuie sur des processus écologiques, la biodiversité et des cycles
adaptés aux conditions locales, plutôt que sur l'utilisation d’intrants
ayant des effets adverses. L’agriculture biologique allie tradition,
innovation et science au bénéfice de l’environnement commun et promeut
des relations justes et une bonne qualité de vie pour tous ceux qui y
sont impliqués.
Ceci veut dire que du point de vue d’IFOAM, tout
système utilisant les pratiques biologiques et basé sur les Principes
de l’agriculture biologique est considéré comme « biologique » et tout
agriculteur travaillant selon un système de ce type peut s’appeler «
paysan biologique ».
L’Alternative biologique pour l’Afrique
d’IFOAM comprend de ce fait « la mise en place » de l’agriculture
biologique dans toute sa diversité, y compris les différentes formes de
l’agriculture biologique non certifiée. Elle soutient la mise en place
de l’agriculture biologique que les produits soient vendus sous mention «
bio » ou non.
Agriculture biologique non certifiée Il
existe de nombreux agriculteurs biologiques pour lesquels la
certification ne représente pas d’avantages. Ceci est le cas pour les
agriculteurs qui pratiquent une agriculture de subsistance et ne
commercialisent pas leurs produits. C’est le cas aussi pour les
agriculteurs pour qui la vente de leurs produits sous bio ne représente
pas un avantage compétitif. Ces groupes pratiquent l’agriculture
biologique en raison des avantages tels que l’augmentation des
rendements et de la résilience des systèmes agricoles, la réduction des
coûts de production, l’amélioration de la santé humaine et la
maximisation des services environnementaux.
Le projet Tigray, en Ethiopie, est un bon exemple d’agriculture biologique non certifiée.
Le Projet Tigray L'Institut
pour le développement durable (ISD) a lancé en 1996 un projet dénommé
le Projet d’agriculture durable dans 4 villages de la région de Tigray,
en Ethiopie. Ce projet a réussi à travers des pratiques biologiques
telles que le compostage (fabrication et utilisation), la
diversification des cultures et l’amélioration de la gestion de l’eau à
inverser le développement dans une région autrefois gravement touchée
par des problèmes tels que l’érosion des sols et des périodes
récurrentes de sécheresse.
Le projet a
produit une série de résultats positifs tels que l’augmentation des
rendements agricoles, l’augmentation des niveaux de la nappe phréatique,
l’amélioration de la fertilité des sols, la diminution de la
sensibilité à la sécheresse, l’augmentation des revenus et de meilleures
opportunités pour les femmes.
Depuis 1998, le Bureau de
l'agriculture et du développement rural de la région de Tigray a intégré
la production du compost dans ses programmes. En 2008, les résultats du
projet ont mené à son expansion dans 165 communautés de la région de
Tigray. Par ailleurs, le projet est devenu un modèle du gouvernement
pour lutter contre la dégradation des terres et l’éradication de la
pauvreté en Éthiopie.
Agriculture biologique certifiée La
certification biologique et un outil de vente. Elle est recommandée
seulement pour les marchés qui la demandent et vise à garantir aux
acheteurs de produits biologiques que ceux-ci répondent à des pratiques
et principes biologiques. Ces pratiques et principes sont résumés dans
une norme biologique telle que la norme biologique est-africaine. Il existe plusieurs moyens de garantir le respect des normes bio.
Auto-proclamation et la certification par la deuxième partie La
plupart des initiatives de vente de produits bio commencent au niveau
local avec un producteur qui proclame sur la place du marché que sa
production est bio. Cette procédure est commune en Afrique actuellement.
Si elle est effectuée de manière systématique et documentée, elle est
parfois considérée comme certification par la première partie. Pour
démontrer son statut biologique, un producteur peut :
- Discuter avec les consommateurs ou d'autres personnes intéressées, leur expliquer ses principes et méthodes de production.
- Inviter
les consommateurs ou d'autres personnes intéressées à visiter son
exploitation et / ou participer à certaines activités agricoles.
Dans
certains cas, un acheteur, un magasin ou un commerçant établit un
contrat avec des agriculteurs et est finalement celui qui fournit la
garantie que son produit est bio. Ce système existe en Afrique. Si c’est
effectué de manière systématique et documentée, il est parfois
considéré comme certification par la deuxième partie.
Certification par un tiers La
certification par un tiers se base sur une autre partie que l’acheteur
ou le vendeur pour fournir des garanties qui leurs conviennent à tous
les deux. La certification par un tiers est bien implantée en Afrique,
avec plusieurs organismes locaux et internationaux de certification
actifs.
Une liste d’organismes de certification actifs en Afrique est disponible à : http://www.ifoam.org/about_ifoam/around_world/aosc_pages/Organic_CBs_operating_in_Africa.html
La
certification par un tiers est un service habituellement fourni par un
organisme de certification à ses clients moyennant un supplément (frais
de certification). Le service consiste à faire vérifier physiquement par
un inspecteur habilité si les cahiers des charges de l’agriculture
biologique sont respectés par les unités de production, de
transformation, de conditionnement, de stockage, et d’exportation d’un
opérateur donné. Cette inspection se déroule au moins une fois par an et
est menée par un inspecteur de l’organisme de certification.
Il existe deux possibilités par lesquelles les producteurs biologiques peuvent être certifiés par un tiers :
- la
certification individuelle, par lequel un agriculteur signe un contrat
avec l'organisme de certification et obtient son propre certificat
biologique.
- la certification de groupe, par laquelle un groupe
de producteurs gère un Système de contrôle interne (SCI) et obtient la
certification biologique en tant que groupe.
Systèmes de garantie participatifs (SGP) Les
SGP sont des systèmes d’assurance qualité ancrés dans le local. Ils
vérifient les producteurs sur la base d’une participation active des
acteurs concernés et sont construits sur une base de confiance, de
réseaux et d’échanges de connaissances. Les SGP favorisent la participation active de producteurs, consommateurs et autres parties prenantes dans
- le
choix des normes bio. Plusieurs SGP ont adopté leur cahier des charges
bio national ; d’autres ont conçu leurs propres critères de conformité
adaptés à leur situation propre ;
- le développement et la gestion du SGP ;
- les prises de décision sur l’attribution de la certification.
Les SPG sont adaptés aux marchés locaux et aux petits producteurs car ils engendrent moins de travail administratif et de coûts.
Pour de plus amples informations sur les SGP, visitez : http://www.ifoam.org/about_ifoam/standards/pgs.html
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| | Le Réseau Ouest-Africain pour la Formation et la Recherche en
Agriculture Biologique (WANOART) organise du 26 au 30 novembre 2012 un
atelier international sur la certification biologique dans le cadre du
projet de renforcement des capacités institutionnelles pour
l’agriculture biologique en Afrique de l’Ouest (PRCIABAO). L’atelier,
qui se tiendra à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin, regroupera une
trentaine de participants comprenant divers acteurs de l’agriculture
biologique tels que les universitaires, les producteurs, les décideurs
politiques, les ONG et les mouvements internationaux, dont l’IFOAM. Il
s’agira de discuter entre autres des atouts et contraintes à la
certification par tiers et à la certification SPG (Système Participatif
de Garantie). Les résultats attendus à l’issue de l’atelier sont les
suivants :
- Toutes les parties prenantes sont imprégnées des
contraintes et opportunités à la certification biologique en Afrique de
l’Ouest ;
- Les principales prescriptions pour la certification biologique en Afrique de l’Ouest sont retenues ;
- L’impact potentiel de la promotion de la certification SPG sur le développement agricole en Afrique de l’Ouest est évalué ;
- La démarche institutionnelle nécessaire à la promotion de la certification SPG en Afrique de l’Ouest est définie et planifiée.
Le
projet (PRCIABAO) est une initiative conjointe des universités de
quatre pays ouest-africains (Bénin, Ghana, Nigeria, Sierra Leone) et du
Royaume-Uni dans le cadre du Programme de Coopération ACP-UE pour
l’Enseignement Supérieur (EDULINK) inscrit au 9e FED (Fonds Européen de
Développement).
Contacts : Dr Emile N. HOUNGBO, Tel. (229) 95246102 / 67763722, E-mail : enomh2@yahoo.fr Dr. Valentin KINDOMIHOU, Tel. (229) 95023058, E-mail : kindomihou@gmail.com
Cet atelier s’intègre parfaitement dans les objectifs de l’Alternative biologique pour l’Afrique d’IFOAM et IFOAM se réjouit de contribuer à sa réussite.
IFOAM
sera représentée à cet atelier par Joelle Katto-Andrighetto, OGS
Manager. Elle est francophone et contribuera à toutes les discussions
lors de l’atelier, y compris sur la diversité de la notion
d’agriculture biologique, en plus de présenter une communication.
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